Le blogue de Bourjoi (www.bourjoi.com) sur l’Art et autres sujets

Réflexions, commentaires et opinions de l'artiste sur la vie en société

19 octobre 2008

L'érection des constructeurs

Il y a quelques années, John Gray écrivait que les hommes viendraient de Mars et les femmes de Vénus. Selon ce concept tentant de dénouer beaucoup de préjugés, il y aurait des différences de nature déterminantes entre les hommes et les femmes. Des différences tellement profondes que les femmes et les hommes pourraient aussi bien provenir de planètes différentes.

Personnellement, je n’y crois pas. La nature ne perd pas son temps à différencier outre mesure des êtres qui ne sauraient de toute manière ce qu’ils pourraient en faire. Il y a selon moi une seule nature par espèce. Depuis des millions d’années, la nature n’entretient que des nuances essentiellement sexuelles et la fécondité différenciée qui en découle. Ces mécanismes lui suffisent amplement pour obtenir la diversité dont le génome a besoin. La nature peut parfois commettre le superflu, mais jamais le caricatural.

Je peux aisément concevoir qu’il y ait variation de détails sur un thème, différents habitus et, de ce fait, différentes natures psychiques et sociales. Rien de distordu sur l’échelle des valeurs.

Il est d’usage d’associer des caractères opposés aux genres. Il y aurait, ce qui est devenu commode, un caractère d’homme et un caractère de femme.

L’homme serait agressif et la femme timorée.

L’homme aurait tous les attributs supérieurs de la virilité s’érigeant en supériorité. L’homme serait explorateur, chasseur et défricheur.

La femme serait, tout en étant casanière, inquiète et émotive, inférieure.

Une vision simpliste de la nature humaine dont je n’ai pas depuis cinquante-huit ans été le témoin. J’ai vu hommes et femmes faire usage à tour de rôle, selon les circonstances, de ces traits de de caractère. Lorsque je travaillais à la Vickers, nous savions tous que seulement 8% des syndiqués salariés sur le plancher des différents ateliers survivraient à la retraite à 65 ans. Que 92% n’arriveraient pas à en profiter. Tous les jours, ces travailleurs acceptaient cette réalité pour leur famille, leur conjoint, leurs enfants en poinçonnant consciencieusement leur carte de temps.

Comment devrait-on décrire cette attitude? L’expression de la part féminine? Sens viril du sacrifice ou tout simplement dévouement? Que nous soyons hommes ou femmes, il n’y a qu’à constater l’expression de la part humaine se trouvant en chacun de nous.

En page A34 de La Presse de jeudi 16 octobre 2008 nous avons lu un texte dans lequel l’auteur prétendait que les politiciens essentiellement fédéralistes tels Cartier, Laurier, Lapointe, Trudeau, Mulroney, Chrétien auraient été des constructeurs. Je n’ai rien à dire des personnages en deux dimensions de notre histoire pas si éloignée. Les vifs, je les suppose plutôt émules de Ganelon. Alors que Papineau, Bourassa, Duplessis coincés sur le papier, Lévesque, Bouchard et Duceppe seraient des protecteurs. Une thèse choquante à plus d’un titre.

Je ne peux me targuer de comprendre ce qu’il y avait dans la tête de l’auteur. Je dois m’arrêter au texte et, comme nous avons, mes collègues et moi, le privilège de l’enseigner à l’école secondaire, comprendre ce qui suinte entre les lignes. Lorsque l’auteur, journaliste chevronné jouissant d’une tribune exceptionnelle, écrit constructeur, veut-il dire hommes virils? Lorsqu’il écrit protecteur, veut-il dire hommes à la large poitrine réconfortante? Si cela est, je ne peux m'empêcher de le voir, j'y décèle une note de mépris pour les artisans de la Nation québécoise.

Selon cette thèse, les Québécois auraient défriché ce pays et ne sauraient pas le construire? Ce jour-là, j’en suis certain, le curé Labelle a dû faire quelques tonneaux dans sa tombe.

Que seraient Jean Charest et Lucien Bouchard selon cette thèse? Des travestis?

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12 octobre 2008

Commentaire à Jeffrey Simpson

En page A23 de La Presse de dimanche 12 octobre 2008, monsieur Jeffrey Simpson se plaint que les Québécois ne seraient que des participants opportunistes à la politique canadienne.

Je réponds à monsieur Simpson que lorsque j’étais à la petite école les frères des écoles chrétiennes nous répétaient souvent que l’homme ne vit pas que de pain.

Parce qu’au Québec nous ne vivons effectivement pas que de pain, nous ne nous sentons pas bien dans cet erzats de pays démocratique qu’est le Canada. N’oublions pas qu’il n’a pas été fondé par les Canadiens. En 1867 le Bas-Canada n’a pas voté pour ça. De plus, nous n’avons jamais signé la constitution de ce pays inventé au loin.

Ce que les Québécois disent avec le Bloc Québécois depuis 18 ans revient à répéter que nous ne sommes pas à l’aise dans cette patente. Que vous nous offriez de nous ouvrir les portes de tous les Toys ‘’R’’ Us du monde ne saurait compenser la perspective de vivre au soleil chez nous dans une structure politique que nous aurions choisie volontairement.

Pourquoi croyez-vous que les Québécois, comme l’écrit Alain Dubuc, sont les champions du ‘’Bungee’’ politique? Pourquoi croyez-vous, votons-nous, même si cela est à la dernière minute, pour le Bloc?

Tout simplement parce qu’entre les élections en ce « plusse meilleur pays » notre existence politique compte pour du beurre fondant au soleil. Cette fois-ci plus que tout autre; si Stephen Harper gagnait ( mot horrible désignant le vainqueur d’une sorte de joute de Gladiateurs ) nous aurions à subir muets la tyrannie d’une minorité Canadienne, peut-être même de ce seul homme, ayant eu le bonheur de gagner les élections fédérales.

Cela vous semble impossible à comprendre, mais le Canada au parti et à la volonté unique est une vue de l’esprit et n’existe pas là où ça compte. Il n’est pas dans la tête et le cœur de tous les Canadiens de toutes les régions composant la « FÉDÉRATION canadienne » et surtout pas des Québécois.

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11 octobre 2008

Là où le bât blesse

Là où le bât blesse.

Qu’attendent certains journalistes, ces gardiens de la démocratie, pour prendre conscience des failles scandaleuses de la démocratie canadienne? Qu’attendent-ils pour gommer leurs vieilles idées sur le rapport de force Canada/Québec? Ne voient-ils pas que c’est une minorité qui propose de prendre le pouvoir à Ottawa?

Il serait normal selon eux qu’un politicien obtus représentant 40 % des électeurs Canadiens impose ses valeurs dont la protection de l’environnement est absente à 60 % des canadiens qui eux voudraient qu’on en tienne compte, mais inadmissible que les Québécois fassent valoir leurs choix. Ils trouvent acceptable que la politique ressemble à une joute de hockey et que le gouvernement, comme une simple coupe en toc, puisse échoir sans partage au plus agressif.

    

Dès le début de son mandat, en dictant sa volonté aux représentants essentiels de la démocratie que sont les journalistes, le premier ministre Stephen Harper nous a montré son autocratisme naturel. En page A14 de La Presse de mercredi 8 octobre 2008, Patrick Lagacé nous explique que les candidats au Québec du PCC ne sont que « les marionnettes muettes » de Stephen Harper. C’est cela qu’il appelle prendre des forces? Veut-il dire prendre nos forces? C’est comme la vieille blague selon laquelle la banque veut notre bien. Elle veut posséder tout notre bien.

     Nous nous souvenons tous de l'outrecuidance de Jean Chrétien. En suivant l'exemple de Pierre-Elliot Trudeau, il n'a pas hésité à abuser des lacunes de la démocratie canadienne en concentrant tout le pouvoir politique canadien au sein de son exécutif et même dans son bureau.

     Le chemin étant tracé, plus que ses principes sortis tout droit d’un autre siècle, nous devons de Stephen Harper craindre les excès de contrôle. Il ne cesse pas de répéter qu’il faut, comme au temps de Duplessis, voter du bon bord. À contrario, il nous dit que tous les Canadiens, surtout les Québécois, qui n’auront pas voté pour lui seront exclus de ses bonnes grâces. Ce n’est pas le Québec comme il le prétend que Stephen Harper ne comprend pas. C’est la démocratie que les Québécois appellent de tous leurs vœux qu’il ne comprend pas. Comment peut-il, sans rire, souhaiter exclure des dizaines de représentants légalement élus dans une élection démocratique des affaires de l’État et les confiner, selon ses propres termes, à rester dans les estrades?

     En métallurgie, nous apprenons que l’acier inoxydable est un alliage composé surtout d’acier oxydable, de carbone et de chrome.

     Si vous placez des pièces d’acier au carbone près d’une pièce d’acier inoxydable et les exposez à l’eau, il est possible que l’acier au carbone contamine l’acier inoxydable. Jamais le contraire. L’acier inoxydable est justement inoxydable et ne peut rendre les différents types d’acier au carbone inoxydable sans passer par la fusion et en faire un alliage, sans changer sa nature.

     De même pour la fédération canadienne. Alors que les Canadiens n’hésitent pas à exiger que les Québécois deviennent Canadiens, donc changent de nature, il ne leur viendrait pas à l’esprit d’exiger qu’eux-mêmes deviennent Québécois.

      Une impasse (double bind) conceptuelle. On ne peut avoir l’un et son contraire.

      L’unifolié ne se fera jamais. Le monde moderne, et le multiculturalisme peut-être, en ont fait une courtepointe cousue de fil blanc. Le Canada espéré qui ne serait plus une fédération ne se fera pas. Il est trop tard pour cela. C’est le projet périmé d’une autre époque.

Les Canadiens des régions suivantes : l’Atlantique, les Territoires du Nord-Ouest, les Prairies et leur « Bible belt » incarnée par le Reform party de Stephen Harper, la Colombie-Britannique des Rocheuses, le Bas-Canada québécois et le Haut-Canada ontarien prennent irrépressiblement conscience de leurs différences.

Il ne devrait plus y avoir de pouvoir politique unique. Ayant de moins en moins de raisons d’être homogène, le pouvoir politique devrait se faire une raison et refléter la réelle diversité de la fédération canadienne s’exprimant par des besoins différents d’un océan à l’autre. Nous n’avons plus à voter pour Ottawa. La démocratie moderne devrait s’ajuster. Cela ne sert plus à rien de le rêver ou de le souhaiter. Il est temps pour chacun des membres de la fédération canadienne de se distinguer.

      Au Québec, avec le Bloc québécois pour nous représenter à Ottawa, en barrant la route à l’autocratisme à la fois centralisateur et excentrique de Stephen Harper, nous ne ferons que reconnaître la réalité politique et sociale de cette fédération.

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06 octobre 2008

Le Canada a t-il besoin d'un régent?

LA DÉMOCRATIE CANADIENNE A-T-ELLE BESOIN D’UN RÉGENT?

Des élections, fussent-elles municipales, provinciales ou fédérales, donnent lieu à d’improbables manifestations d’émotivité. Nous comprenons mal les messages contradictoires et cherchons souvent midi à quatorze heures ou prenons l’ombre pour la proie.

Quoi qu’ils prétendent, nous ne connaissons pas les candidats. Du moins, une poignée de main aussi chaleureuse soit-elle et quelques discours télévisés ou radiophoniques ne suffisent pas à nous les faire bien connaître. Parfois, même la proximité n’y arrive pas. Certains hommes, ayant accumulé depuis l’enfance une gamme étendue d’astuces, parviennent habilement à dissimuler leur immaturité, leurs travers ou leurs motivations narcissiques. Certains restent, malgré leurs efforts, froids et distants. Ils ressentent peu d’émotion pour autrui et si ce n’est de bon aloi, sont incapables d’empathie. Ils sont par conséquent efficaces comme des machines et arrivent à entraîner des organisations opportunistes dans leur sillage.

En affaires, les Américains ont l’occasion de le vérifier douloureusement : ces champions de la manipulation dilapident des montagnes de ressources tout en prétendant œuvrer à construire, à faire avancer et progresser la société ou les organisations.

Nous pouvons également observer un autre phénomène chez nos voisins du sud. Depuis plusieurs siècles, l’Occident se débat avec l’idée que nous nous faisons du réel. Nous sommes confrontés à notre nature et aux capacités opérationnelles de nos modèles psychiques. Il n’y a pas très longtemps, Descartes a découvert une méthode de pensée tricotée de pragmatisme et d’empirisme. Depuis ce temps, Darwin et Sigmund Freud ont été passionnés par la réalité concrète de notre existence et du prosaïsme de nos motivations.

Les républicains américains détestent tout ce que cela implique. Ils préfèrent les vérités qui tombent du ciel comme la rosée du matin. Autrement, ils devraient admettre être à l’origine de nombreux problèmes humains et leurs fondements chers à leur cœur seraient liés à leurs intérêts particuliers. Finalement, parce qu’ils se mentent à eux-mêmes, ils ne peuvent que dériver d’une solution déplorable à l’autre. Ces hommes aux mentalités rétrogrades maintiennent en place de toutes leurs forces un monde humain qui devrait être révolu.

Au Québec, nous étions aux premières loges pour suivre de près la saga de Vincent Lacroix. Malgré un manque de maturité évident, il a réussi à devenir un chef de file financier, un guide même pour de nombreux adultes réputés clairvoyants. Cet homme psychiquement dissocié - nos cousins français diraient: à côté de ses pompes - ne semble même pas comprendre ce qui lui arrive et surtout le drame qu’il a causé. Il est d’une certaine manière, comme on dit, « innocent » tout en étant tout à fait coupable de ses actes.

Il y a quelques siècles, les Grecs ont imaginé la démocratie. Quoique nous ayons réussi à en faire une démocratie sociale, une flamme que chacun de nous porte en son cœur, collectivement, elle n’est que politique.

La démocratie parlementaire nous venant d’Angleterre est ainsi structurée qu’elle ne peut que trahir l’esprit démocratique moderne. Oubliant l’intérêt supérieur des électeurs, le parlementarisme pousse les adversaires partisans à s’empoigner comme des chiffonniers angoissés. Le pouvoir n’y a qu’une seule voix qui est également une voie à sens unique. Ce que Michael Fortier a tenté de démontrer en nous menaçant avec sa fausse facture. Cette fausse facture est pour moi symptomatique de ce qui pour lui serait pouvoir absolu et pour nous baudruche vide. Il est ainsi évident que je ne puis souhaiter le succès d’un parti et d’un chef qui portent ces valeurs en leur coeur.

Puisqu’ils n’hésitent pas à attaquer les caractères plutôt que les idées et à dégrader les idéaux lorsque ce ne sont pas les leurs, puisqu’ils sont d’autant plus virulents que l’idéal est essentiel, ils m’horripilent. Cinquante-huit ans de vie dans cette société complexe m’ont enseigné qu’il ne faut pas trop s’attarder à la bouche qui parle et porter plutôt son regard vers le cœur qui bat. Étant loin de nous, n’ayant la proximité ni de l’amour ni de l’amitié, ils nous trouvent étranges et se méfient de la nature profonde des Québécois et en détestent toutes les expressions originales. Ils ne prétendent nous aimer, comme quelques autres Canadiens en 1995, qu’avec l’espoir de nous rendre pareils à eux.

Que ce soit Gilles Duceppe, Stéphane Dion ou les artistes lui faisant ombrage, de même que tous les partisans du Bloc québécois, Stephen Harper n’hésite pas à mépriser les Québécois. Pouvons-nous alors, comme il le fait envers nous, nous questionner sur son caractère?

Nous n’avons pas toujours eu à notre service des analyses psychologiques, sociales, journalistiques et d’innombrables mots de vocabulaire pour comprendre nos vis-à-vis. Nous avons depuis des millénaires dû nous baser sur nos impressions les plus subtiles. Si nous l’avions fait avec Vincent Lacroix, il n’aurait jamais eu l’occasion de commettre le drame que nous connaissons tous.

Puisque le non verbal est le premier message que nous recevons lorsque nous rencontrons un inconnu, je ne peux m’empêcher de me demander ce que cache Stephen Harper sous son air de grand garçon contrit?

En page 155 de son ouvrage intitulé « Le destin psychique de l’enfant », François Dumesnil, éminent psychologue, écrit :

« Le monde sera appréhendé affectivement, de façon égocentrique, à partir des besoins du soi. La personne gratifiante sera bonne, la personne frustrante mauvaise; les personnes dignes d’être côtoyées seront celles qui permettent de satisfaire aux exigences du soi imposé ou s’associent à la pression contre les interdits, sans que leur valeur objective soit prise en considération, et ainsi de suite. »

Il n’hésiterait pas par exemple à nous menacer des pires malheurs en accusant grossièrement ses adversaires de les lui souhaiter alors qu’il est prêt à nous livrer aux lois du marché, à la loi de la jungle économique et à celle du plus fort la poche dont souffrent amèrement les Américains.

Tout le contraire de monsieur Gilles Duceppe qui, faisant la démonstration de sa maturité, nous a plus d’une fois affirmé qu’il n’avait pas de plan de carrière. Il nous a alors dit à sa manière qu’il a une vie satisfaisante pour lui et ne craint pas de la vivre sans être chef du Bloc québécois. J’extrapole et prétends qu’il agit comme un homme au service d’un parti, d’une nation et des Québécois. Tant qu’il se sent utile, il reste. Lorsqu’il ne sera plus l’homme de la situation, contrairement à ce qu’il semblerait pour Stephen Harper, il n’en fera pas une catastrophe personnelle.

Par ailleurs au sujet des jeunes contrevenants : le 20 novembre 1959, l’ONU proclamait la Déclaration des droits de l’enfant et trente ans plus tard (il y a moins de vingt ans de cela), l’UNESCO adoptait la convention relative aux droits de l’enfant.

L’UNESCO, selon son expression; considérait enfant tout être humain âgé de moins de dix-huit ans.

«     À l’article 2.2, il est écrit ; les États parties prennent toutes les mesures appropriées pour que l'enfant soit effectivement protégé contre toutes formes de discrimination ou de sanction motivées par la situation juridique, les activités, les opinions déclarées ou les convictions de ses parents, de ses représentants légaux ou des membres de sa famille.»

«     À l’article 3.2, il est écrit : dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale. (ce dernier segment souligné par mes soins)»

Nous avons en mémoire une autre analyse. Il est de notoriété publique que nous, adultes, avons tendance à reproduire les modèles « patterns » de notre enfance. Même si certains y arrivent, peu d’hommes transcendent leur nature profonde et restent toute leur vie le jouet de leurs compulsions psychiques. Cela pourrait expliquer pourquoi un homme comme George W. Bush n’arrive pas à être à la hauteur de son rôle. Pourquoi avons-nous toujours des doutes sur son honnêteté? Est-ce parce que nous percevons confusément les doutes sur lui-même qu’il cache à son propre regard derrière sa raideur corporelle?

Il est difficile de procéder à l’analyse d’un homme attaché au pouvoir sans sembler le démoniser. Comment faire autrement? Analyser est regarder pour voir et voir est parfois comprendre. Alors que j’ai fréquenté l’université durant sept ans, j’ai travaillé durant vingt-cinq ans dans des usines au Québec, en Ontario et au Labrador. Des ouvriers plus âgés que moi m’ont quelques fois incité à allumer mes lumières (intellectuelles).  Observer les gestes des hommes simplement et prendre conscience que ce que je voyais était probablement tout ce qu’il y avait à comprendre. Je ne crois pas que Stephen Harper veuille réduire les jeunes contrevenants au silence pour plaire aux extrémistes de son parti. Cela ne fait que brouiller notre compréhension de ce qui se passe et de ce qui pourrait arriver avec cet homme-là.

Pour cela, nous devons le constater, toutes les sociétés logent en leur sein des Samuel Parris. Ils n’ont que le châtiment et la méfiance à opposer à leurs angoisses.

Ce qui nous semble être l’expression d’un agenda caché serait plutôt les apparences d’un malaise psychique que nous percevons confusément. Ce besoin qui n’a rien à voir avec la politique influe malheureusement sur toutes ses décisions d’une manière que la modernité ne souhaite pas, mais auquel une certaine proportion de nos citoyens, qu’ils soient canadiens ou québécois, sont sensibles.

De toute façon, je crois que nous devons surtout faire confiance à ceux que nous connaissons et qui nous respectent. Stephen Harper n’est pas de ceux-là.

Nous nous souvenons tous de l'outrecuidance de Jean Chrétien. En suivant l'exemple de Pierre-Elliot Trudeau, il n'a pas hésité à abuser des faiblesses de la démocratie canadienne en concentrant despotiquement tout le pouvoir politique canadien au sein de son exécutif et même dans son bureau.

C'est ce qu'il y a le plus à craindre de Stephen Harper. Il se complaira, si cela est possible, encore plus dans cet excès de contrôle en excluant de ses bonnes grâces, comme il ne cesse de le répéter, tous les citoyens n'ayant pas voté pour lui.

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05 octobre 2008

Maître en son coin de pays plutôt que valet au loin

MAÎTRE EN SON COIN DE PAYS PLUTÔT QUE VALET AU LOIN

Certains journalistes québécois semblant à la remorque de certains candidats aux élections fédérales ne cessent de nous seriner avec la certitude d’un Bloc québécois minoritaire à Ottawa. De toute manière, il suffit d’un peu d’arithmétique de 3e année du primaire pour comprendre que les Québécois ne seront jamais majoritaires.

Cela revient à nous dire qu’entre les élections, la démocratie canadienne ne marche pas. Lors de son dernier mandat, Stephen Harper a dirigé le Canada comme si c’était sa petite PME avec seulement 124 députés sur un total de 308. Est-ce que cela veut dire que les 184 députés formant l’opposition ne servaient à rien? Une bande de nonos? Ou est-ce que cela signifie que la démocratie canadienne n’a de chance d’être réellement démocratique que lorsque le parti au pouvoir est minoritaire?

En page 6 de La Presse de samedi 4 octobre 2008, André Pratte croit nous expliquer qu’alors même les Québécois réussissent avec brio partout sur la planète, ils ne sont pas prophètes en leur « pays » et se contentent d’être simples spectateurs à Ottawa. Personnellement je préfère être minoritaire ensemble avec le Bloc que minoritaire dilué dans le PCC.

Même sans mandat à présenter, comme le précise Vincent Marissal en page A7 de La Presse de samedi 4 octobre 2008, Stephen Harper a amorcé la campagne électorale actuelle en espérant obtenir, semble-t-il pour sa gloire personnelle, la majorité parlementaire avec 40 % des votes de 60 % de l’électorat. Soit un total de 24 % du nombre absolu des électeurs potentiels. Stephen Harper serait donc le PDG de la PME canadienne tout en ne représentant qu’une minorité de citoyens.

Le Canada n’ayant pas, contrairement à ce qui s’est passé aux États-Unis d’Amérique, été fondé par les Canadiens, il est inévitable que sa carte électorale ressemble plus à une courtepointe qu’à l’unifolié.

Pour que nous n’ayons pas dans six mois à dire : « J’ai jamais voté pour ça! »

Puisqu’au Canada, il semble que les élections représentent le seul moment pour faire entendre sa voix, profitons-en pour montrer que nous ne sommes pas que des spectateurs en retournant Stephen Harper d’où il vient et votons pour le Bloc qui, lui, nous représente réellement.   

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02 octobre 2008

Débat des chefs 2008

Lors du débat des chefs à la télévision de Radio-Canada, je n’ai pas eu l’impression de n’assister qu’à une joute politique.

J’ai surtout assisté à une table ronde autour de laquelle quatre chefs de partis représentant ensemble la majorité des électeurs canadiens tentaient de faire comprendre à monsieur Harper qu’il ne saisissait pas bien la réalité canadienne.

Le passé étant pour monsieur Harper garant de l’avenir. Nous avons dû constater qu’il n’y entend rien. Il n’entend rien à l’inquiétude environnementale. Il ne voit dans l’art qu’un simple violon d’Ingres pour enfants. Il n’entend rien au refus du tumulte guerrier. Il refuse d’entendre le vacarme assourdissant du mur néolibéral de Wall Street s’écroulant à Washington comme le dit dans ses mots Louis Bernard en page A30 de La Presse de jeudi 2 octobre 2008.

Nous avons tous entendu parler du principe de Peter. Que dirait Peter de monsieur Harper?

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27 septembre 2008

Fixation journalistique

Héraclite, philosophe grec ayant vécu vers 500 av. J-C., disait : « On ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve. » Allez donc savoir comment : Il n’y a que certains journalistes qui, certains jours, surtout en période électorale, y arrivent.

Contrairement à ce que monsieur André Pratte prétend dans son éditorial en page A28 de LaPresse de jeudi le 25 septembre, ce n’est pas le mouvement séparatiste québécois qui est menacé par la vision obtuse de monsieur Harper. S’il ne s’agissait que de cela, il n’y aurait pas de quoi s’énerver le poil des jambes. Nous le savons tous, le mouvement souverainiste, comme le ressac de l’eau, ça va, ça vient. Ce sont les acquis de la modernité qu’il menace grossièrement.

Il y a quelques semaines de cela apparaissait dans les pages de LaPresse de monsieur Pratte une étude sur le port de l’uniforme à l’école secondaire. Selon ce sondage, la majorité des élèves n’ayant pas à porter l’uniforme à l’école sont contre et la majorité des élèves ayant à le porter sont pour. J’enseigne à l’école secondaire et tous les jours je le constate, les élèves ne voient pas la nécessité d’acquérir les connaissances que nous leur proposons avant de les avoir intégrées et ne peuvent s’en passer lorsqu’ils les maîtrisent.

Un chercheur du nom de Peter Buffett a conduit plusieurs expériences pour savoir ce qui nous rendait le plus heureux : être placé devant des choix ou avoir choisi. Ses recherches lui ont permis de conclure que ce qui nous rendait le plus heureux n’était pas de pouvoir choisir, mais plutôt d’avoir choisi et de ne plus avoir à le faire.

De même pour la souveraineté. Lorsqu’elle sera faite, il ne restera qu’une minorité de nostalgiques à s’en désoler.

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21 septembre 2008

L'artiste n'aurait que des opinions?

En page A 24 de La Presse de vendredi le 19 septembre 2008, sous le titre réducteur de   « L’opinion artistique », le distingué journaliste Mario Roy nous sert une vision plus qu’insolite de l’artiste québécois. Il n’hésite pas à utiliser ce mot valise, et de ce temps-ci honni, qu’est … être de « gauche ». Terme fourre-tout dans lequel on met bruyamment tout ce qui, à un certain moment, est québécois ou qui, à une autre occasion, s’éloigne du capitalisme sauvage représenté par le désinvestissement de l’état, dont on voit pour la énième fois le résultat catastrophique chez nos voisins du sud (E.U.)

Par la suite, monsieur Roy énumère plusieurs critiques envers l’engagement social  des artistes.

Il nous reproche notre pacifisme : Il me semble qu’une main peut être ouverte ou fermée. Pourquoi faudrait-il qu’elle ne soit que fermée pour frapper?

Notre antiracisme : Nous ne sommes pas antiracistes. Nous ne pouvons être antiracistes. Ce n’est pas un combat, une compétition. Nous sommes pour la tolérance, pour le droit à la vie et à la différence. N’est raciste que celui qui doute de son identité. Qu’y a-t-il d’anormal à accepter la différence lorsque nous savons qu’il n’y a qu’un génome humain?

Notre féminisme : Nous reconnaissons tous avoir une mère, une compagne, des sœurs, des filles et même des petites filles. Leur valeur est indéniable. Il y a à peine deux mille cinq cents ans de cela, un certain Platon disait que se priver de la raison des femmes revenait à se priver d’un de ses deux bras. Cela ne serait plus estimable?

Il nous reproche notre respect de l’environnement qui pourtant est essentiel à la survie de tous, y compris celle d’un journaliste s’étant peut-être levé un matin du mauvais pied.  L’improvisation et le laisser-aller, le tout à l’égout seraient donc excusables?

Il nous reproche notre altermondialiste. Sous d’autres cieux, à une autre époque, beaucoup sont morts pour la liberté, l’égalité et la fraternité de tous entre tous. Même si nous n’avons plus à marcher vers la mort pour protéger ces valeurs, sont-elles pour cela moins nécessaires?

Il prétend que nous serions également anti-états-uniens. Cette nation sortie directement de la cuisse de Jupiter est-elle si admirable, fait-elle un usage de sa puissance si sage que nous ne puissions la critiquer?

Monsieur Roy y voit une anomalie politique unique en Occident. Même si son incidence est inévitablement politique, nous avons justement à observer ici une culture unique en Occident dont les artistes québécois tirent l’essentiel de leur inspiration.

Nous nous en souvenons tous, le 9 août 1948, Paul-Émile Borduas publiait le Refus global. Il s’ensuivit ce qui s’est appelé la révolution tranquille. Nous avons alors remis à leur place les ambitions monopolistiques de Rome. Heureusement, nous n’avons pas, comme on dit, jeté le bébé avec l’eau du bain.

Nous le constatons tous les jours. Alors que nous croyons accomplir une chose, nous obtenons un effet surprenant. Il y a toujours plus dans nos œuvres que ce que nous pensions y mettre. Alors que Rome croyait faire de nous des Romains, nous étions exposés aux valeurs radieuses du christianisme et en avons compris les enseignements. Ses valeurs font partie intégrante de notre nature profonde. Épris de liberté, nous avons assimilé les valeurs humaines sous-jacentes du christianisme. Nous en avons fait un humanisme qui est devenu une part importante de notre psychisme collectif.

Il n’y a pas là, même un peu, comme le prétend monsieur Roy, matière à s’inquiéter. Ce n’est surtout pas qu’une question « d’opinion ».

Il y a là plutôt de quoi se réjouir. Un artiste ne se contente pas de déclamer au théâtre. Il ne fait pas que brosser des couleurs sur une toile. Il ne se contente pas de jouer devant une caméra, de danser sur une scène ou de couvrir le papier de prose ou de versifications. Il fait du sens, il cherche l’authenticité et lorsqu’il la trouve, il l’explore et la présente à nouveau. Hors de toute raison, passionnément, il cherche à être. Il nous cherche et montre où il nous trouve.

Monsieur Roy s’est-il déjà assis devant une toile de Jean-Paul Lemieux suffisamment longtemps pour y voir ce qui était montré qui ne soit ni toile ni pigment? S’est-il déjà assis à contempler un Paul-Tex Lecor et de bien d’autres pour y voir Charlevoix par delà le chevalet? A-t-il déjà réellement regardé le conflit entre les masses de néant et de lumière sur les toiles de Borduas?

Fréquemment on me dit avoir une tante, un frère, une sœur, un ami s’essayant à la peinture ou à l’écriture. L’amitié et la confiance envers nos artistes permettent au Québec de découvrir où il va. En compagnie des artistes, les Québécois ne peuvent que confirmer leur identité et leur caractère. L’art ne peut tout de même pas servir qu’à vendre des bidules à la télé. Les artistes québécois dont les racines sont plongées profondément dans une société singulière en Occident, surtout de ce côté de l’Atlantique, ne peuvent éviter de mettre cette optique en forme. Ce ne sont pas les artistes de la société voisine.

Quel que soit notre penchant partisan, nous ne pouvons pas l’ignorer. Par eux nous avons une société à comprendre. Elle n’est pas qu’à mépriser.

P.S. Que nous dit Michael Fortier? Que les Conservateurs n’ont pas l’intention de respecter les votes des Canadiens, surtout des Québécois qui n’auront pas votés pour eux? À une autre époque, n’appelait-on pas ça du patronnage? Ils démontrent ici une vision plus qu’étriquée de la démocratie. Ils n’en ont qu’une vision étroitement partisane.

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20 septembre 2008

Soccer de la politique

En matière de métaphore il n’y en a pas beaucoup qui puissent représenter la confusion politique électorale. Il y a bien le Soccer puisqu’on y pratique le croc en jambe allègrement et où on ne se sert de sa tête que pour frapper.

Il y a aussi le Hockey.  Curieusement, l’un comme l’autre sont affaires de partisans. Il y a deux mille cinq cents ans de cela, les philosophes grecs ont imaginé des modèles de gestion des intérêts collectifs. La démocratie alors venait directement de la capacité de chaque citoyen à participer à la vie en la cité.

Il y a un peu plus de deux siècles de cela avec l’aide d’un Français du nom de Marquis de Lafayette, un certain monsieur Georges Washington a fondé avec quelques copains un pays se voulant démocratique. Georges Washington aurait préféré qu’il n’y ait pas de partis politiques. Il considérait que les élus devaient représenter la volonté et les intérêts des citoyens et non pas risquer de ne représenter que l’intérêt des coteries. À voir l’état de la démocratie américaine, nous voyons bien qu’ils n’y sont pas arrivés.

                Tout en haut des Amériques nous usons de la démocratie à la manière britannique qui ne saurait faire ombrage à la royauté et aux privilèges des nantis. Nous appelons ça la démocratie parlementaire. La résultante en fut l’érection d’une enceinte au cœur de laquelle des adultes accomplis passent le meilleur de leur temps à se crêper le chignon.

Afin de rester dans la métaphore sportive, puisqu’elle semble s’y prêter aisément, nous avons ici au Canada depuis 1927 une organisation du nom de Ligue Nationale de Hockey (National Hockey League). Plusieurs équipes font partie de cette ligue. Il y a les Canadiens de Montréal, Les Sénateurs d’Ottawa, les Maple Leafs de Toronto, Les Oilers d’Edmonton ainsi que les Canucks de Vancouver.

                Je n’ai jamais porté beaucoup d’intérêt aux sports de masse. Les seuls sports qui m’intéressent, ce sont les sports que je pratique, surtout pendant que je les pratique. Cela n’empêche pas qu’étant Québécois et Montréalais, tous les hivers je souhaite de tout coeur que le Canadien de Montréal remporte la coupe Stanley. Je ne peux douter qu’ils jouent pour moi et représentent ma combativité.

                Les élections dites fédérales actuelles ont de particulier qu’elles se réduisent à l’ambition des Oilers d’Edmonton souhaitant devenir la seule équipe de la LNH. Une manière de monopole.

En page A10 de la Presse de dimanche le 14 septembre 2008, Yves Boisvert écrit à sa manière que nous devons nous attendre à la balkanisation du Canada. Pour ma part je ne comprends pas pourquoi nous devons faire partie du Canada pour y accéder. Nous allons bien aux États-Unis sans être américains. Certains même y passent une bonne partie de leur vie. Nous y allons même plus souvent qu’au Canada.

               Madame Verner, ministre de son état, ne vient-elle pas de nous dire que si la culture Québécoise était importante pour nous, nous n’avions qu’à nous en occuper nous-mêmes? Qu’ont à nous offrir ces Canadiens que nous n’avons pas déjà : des écoles, des universités, un fleuve, des parcs, des villes, des hôpitaux, des oiseaux, de la fierté, une famille, des amis, des parents, des enfants, des voitures, des routes, du courant électrique, des légumes, du lait ? Nous produisons même des députés, ministres et premiers ministres Canadiens. Que peuvent-ils faire pour nous que nous ne sachions pas déjà faire.

                Cela fait maintenant cent quarante et un ans que nous les accompagnons dans leur psychodrame. Ils n’arrêtent pas de nous dire qu’ils ont besoin de nous. Chaque fois que nous avons accepté d’être avec eux, ils ont refusé de nous ressembler et ont insisté pour que nous devenions différents.

Devrons-nous les tenir par la main jusqu’à la fin des temps?

Depuis  la conquête anglaise et surtout depuis Lord Durham, ils ne sont pas arrivés à faire le pays qu’ils souhaitaient, et selon eux, à cause du Québec. S’ils y croient réellement, même s’ils veulent nous posséder pour que ce soit suffisant, ne devraient-ils pas se contenter du peu qu’ils ont?

Le parlement canadien ne reviendra jamais à Montréal comme en 1843. Le Québec ne sera jamais le Canada. Charité bien ordonnée commençant par soi-même. On a autre chose à faire que de justifier leur manque de plénitude.

                Le premier ministre de l’Ontario souhaite avoir un parti comme le Bloc Québécois pour défendre les intérêts de l’Ontario. Nous en avons déjà un. Profitons-en.

                Et si on doit se contenter d’être partisan d’une équipe sportive, mon équipe se reconnaît au bleu, blanc et rouge de sa fibre.

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06 septembre 2008

Au sujet de la droite bleue au Canada

Il en est des mots comme des caractères.

Tous les jours nous devons valider nos perceptions.

Il en est pour les premiers comme des seconds. Il est facile de confondre l’idée que l’on s’en fait avec ce qu’ils sont réellement.

Le contenu de notre mémoire est un capital invisible accumulé d’un jour à l’autre, parfois, surtout à l’école, dans la douleur et le doute. Il est fait des milliers d’instants de notre vie qui ne reviendront jamais, que nous ne retrouverons jamais. Sa valeur étant élevée nous en faisons un grand usage.

Il est aussi évident que si nous ne connaissons pas le passé, nous ne saurons pas préparer l’avenir et risquerions de répéter les mêmes erreurs.

Historiquement, en premier lieu nous les humains qui marchent debout refusons énergiquement nos origines prosaïques. Nous avons beaucoup de blocages psychiques à accepter que d’innombrables mammifères nous accompagnent dans la marche de la vie. Nous préférons en être les maîtres. La question posée ici est de savoir comment nous pouvons être les maîtres de qui ou quoi que ce soit alors que nous ne sommes même pas maîtres de nous-mêmes?

Le Guépard sait courir à des vitesses vertigineuses, nous aussi. Juste un peu plus lentement et surtout ni de la même manière ni pour les mêmes raisons. De toute façon, le Guépard n’a que des besoins et des pulsions se traduisant en instincts.

Le Dauphin, un autre mammifère, nage à une vitesse et avec une habileté prodigieuses. Nous également, juste un peu moins véloce, et encore là; pas de la même manière et pour d’étranges motivations.

Certains mammifères s’affrontent pour protéger leur territoire ou en conquérir d’autres. Nous aussi, mais, sur ce point, là nous les battons à plate couture. Nous chérissons des justifications qu’ils ne sauraient faire valoir. Pour satisfaire de nombreux besoins, nos cousins les mammifères usent libéralement de crocs et de griffes pour toutes sortes de raisons. Surtout pour se nourrir et se défendre. Le Canada n’a jamais dépensé autant en armement. Si cela devenait  nécessaire, que ferait la petite souris de feu Pierre-Elliott Trudeau, de tout ce fer et ce plomb?

Il est pour certains de nos compagnons de vie essentiel qu’ils protègent leurs territoires et même en augmentent l’étendue. Il est là question de survie tout simplement. Nous les humains avons inventé les frontières et les cartes afin d’y mettre un terme.

Il est de la sagesse populaire de savoir que la majorité de nos amis à poils ou à plumes ne souillent pas leur tanière ou leur nid. Ils savent d’instinct qu’ils n’y survivraient pas. Là encore, nous différons beaucoup dans la manière et les mobiles. Sacrifier à Kyoto frustrerait trop les ambitions de Midas. Est-ce un hasard si, comme Vincent Marissal journaliste de LaPresse écrit samedi le 30 août 2008, « ils nagent dans le fric »?

Depuis des siècles nous tentons de trouver d’autres manières que nos compagnons les autres mammifères de faire les choses. Nous tentons d’en finir avec la peur, la méfiance, l’agressivité et surtout l’agression. Qu’enseignons-nous en premier lieu à nos petits amours si ce n’est la douceur?

Devenir humain est un long apprentissage auquel tous n’excellent pas. Même les meilleurs à certaines occasions régressent et redeviennent comme ils étaient avant d’être devenus des hommes ou des femmes dignes de ce titre.

Ils peuvent parfois également sombrer dans l’agir qui se reconnaît dans la fébrilité à trouver des gestes qui les libèrent de leurs inquiétudes. Ils se lancent dans toutes les directions et enclenchent de coûteux et contradictoires processus d’action. Décident sans comprendre et sélectionnent sans choisir. Nous connaissons tous de ces hommes et ces femmes qui, soudainement, se lancent soit dans une frénésie d’achats impulsifs ou se mettent soudainement à tout réorganiser autour d’eux ou… bref, il y a autant de manières de sombrer dans l’agir qu’il y a d’individus.

En politique, nous sommes captivés par certains mots. Des mots parapluie. Des mots tels; la gauche ou la droite. Ces mémoires à penser font office de raccourcis.

Nous désignons le chef de meute des loups par le vocable de mâle Alpha. Alpha comme dans premier de tous. Nous les humains, il me semblait, avons en démocratie d’autres manières de faire. Y a-t-il une autre manière? Notre Alpha politique actuel est-il, puisqu’il est l’Alpha, le meilleur?

Il est des nations comme des familles. En famille nous répugnons à accepter l’idée que l’un des nôtres, surtout s’il porte un veston et une cravate de soie et se croit lui-même de bonne nature, puisse nous maltraiter. Il est des nôtres, il doit être de la même substance. Il doit se chauffer du même bois. Pourtant, malgré nos certitudes nous restons surpris par ce que nous n’aurions jamais osé penser. N’oublions pas ce fils de bonne famille qui, lors d’une manifestation houleuse, tout engoncé dans son rôle de spectateur n’a pu reconnaître les risques qu’il courait et pourtant n’a pas hésité à déclarer les mesures de guerre à la première occasion(?).

J’ai plus d’une fois en cinquante-huit ans de vie entendu dire qu’on juge un arbre à ses fruits.

Voyons voir les fruits de cet arbre-là?

Dépenses militaires accrues.

Participation enthousiaste à un conflit armé outre frontière.

Durcissement des lois.

Refus de présenter son amitié à un état souverain majeur en ignorant que l’amour est plus fort que la police.

Extension du territoire vers la frontière molle du désert nordique.

Refus de soigner les victimes de la dépendance chimique comme si elles n’étaient que tarées.

Ils foulent la culture au pied comme si c’était une mauvaise graine. L’art pour eux ne peut servir qu’à leur propagande lors des grands événements ou à véhiculer leurs valeurs morales.

Dans mon vocabulaire et surtout dans ma mémoire de l’histoire passée tous ces signes annonciateurs d’une catastrophe ont déjà été vus ailleurs, sous d’autres cieux, il n’y a pas très longtemps.

Si cela a du poil, des vibrisses, des oreilles pointues, une queue, des yeux dorés et fait miaou! et que cela ressemble à un chat, on doit avoir affaire à un chat.

Cet animal qui pointe le bout frémissant de son museau ressemble étrangement au fascisme de triste mémoire. Doit-on inventer un nouveau terme?

Est-il à se réinventer?

C’est ce qui arrive à certains civilisés lorsqu’ils ne peuvent que tout contrôler et tiennent absolument à le maintenir, lorsqu’ils se sentent acculés au mur, lorsqu’ils ne peuvent qu’avoir tort et réalisent qu’ils ne sont pas les premiers entre tous. Ils régressent. Georges W. Bush chez nos voisins du sud l’a fait dans une moindre mesure, Vladimir Poutine en d’autres lieux ne cesse d’y revenir. Quelque soit les promesses, ils n’hésitent pas à trahir leur parole. La fin pour eux ne peut que justifier les moyens.

Nous croyons que la démocratie a un devoir de vigilance et se doit de reconnaître la bête dès qu’elle montre le bout de son nez.

Les Canadiens et les Québécois ne sauraient-ils plus tolérer la controverse, les divergences de vie et de pensée? Le XXIe siècle annonçant des promesses inédites, ils se réfugieraient derrière les valeurs du début du XXe siècle? 

Posté par Bourjoi à 10:53 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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